L’illettrisme doit être reconnu comme « grande cause nationale » (Conseil d’orientation de l’emploi)
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Faire de la lutte contre l’illettrisme une grande cause nationale, compte tenu de son importance et des enjeux sur le marché du travail, telle est la première demande faite par le Conseil d’orientation pour l’emploi ( COE) en conclusion du rapport Illettrisme et emploi adopté mardi 30 novembre.
Le conseil fait vingt-cinq propositions qui concernent les adultes en emploi ou demandeurs d’emploi, ainsi que les jeunes en insertion professionnelle.
« L’illettrisme constitue sans doute une des difficultés les plus limitantes dans la vie professionnelle indique le rapport du COE. C’est souvent un obstacle au maintien dans l’emploi, quand l’entreprise change de technologie et que les savoir-faire habituels sont remis en cause.
C’est aussi un obstacle à la progression professionnelle, à l’accès aux responsabilités et à la sécurisation des parcours professionnels. Il conduit à une « véritable impasse » et il devient « difficile d’accepter un nouveau poste, difficile de rechercher un emploi ou de se reconvertir »
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PARIS (AFP) - Lutter contre l'illettrisme des salariés, un effort encore insuffisant
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Source AFP - La Croix.com
L'illettrisme touche en France 8% des personnes qui travaillent, et si les employeurs commencent à former les salariés aux "savoirs de base", les efforts restent insuffisants, au moment où le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE) veut en faire une priorité nationale.
"Malgré beaucoup de bonne volonté", la lutte contre l'illettrisme n'est "pas à la hauteur de l'enjeu" et le nombre de personnes illettrées s'accroît, alertait fin décembre le COE.
Selon l'Insee, 9% des 18-65 ans qui ont été scolarisés en France n'ont pas acquis une maîtrise suffisante de la lecture, de l'écriture et du calcul, ou ont désappris et peinent à lire un plan, prendre un médicament ou faire un chèque.
Parmi eux, "57% sont en situation d'emploi", mais leur handicap empêche toute évolution de carrière ou reclassement, explique Hervé Fernandez, de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI).
Il n'est pas facile de les repérer: certains occupent des postes ne nécessitant pas de lire, d'autres développent des "stratégies de contournement", prétextant par exemple qu'ils ont oublié leurs lunettes, ou sont aidés par des collègues.
"La prise de conscience des employeurs est plus forte, mais le nombre de bénéficiaires de formation n'est pas à la hauteur des besoins", estimés à 1,7 million de salariés, souligne M. Fernandez. Toutefois le nombre de salariés formés a triplé en trois ans, pour atteindre environ 30.000 par an. "Un travail important reste à faire en matière de sensibilisation", même "s'il est plus facile d'en parler qu'il y a quelques années", ajoute Olivia Da Silva, chez Agefos-PME, organisme de la formation professionnelle.
Le Conseil régional de Rhône-Alpes a ainsi été alerté lorsqu'il a intégré en 2006 plus de 5.000 agents techniques des lycées, autrefois rattachés à l'Etat. Une population composée à 60% d'agents d'entretien, dont 15% étaient illettrés.
Des formations ont été proposées pour "améliorer la prévention des risques professionnels", afin de "reconnaître les produits, lire une notice, effectuer les bons dosages", explique Eliane Giraud, conseillère régionale (PS). Mais l'objectif est aussi de "permettre aux employés d'évoluer professionnellement", insiste-t-elle.
Chez Casino Restauration, "l'impression que parfois les gens ne comprenaient pas les consignes" a poussé l'entreprise à former les volontaires aux "savoirs de base", explique Mansour Zoberi, directeur de la promotion de la diversité.
Comme beaucoup d'entreprises, Casino ne parle pas d'illettrisme. "Savoirs et acquis de base", "compétences clés" sont généralement employés pour éviter toute stigmatisation.
De même, pour être efficace et acceptée par le salarié, la formation doit être "ancrée dans le contexte professionnel". Face à un public qui a souvent connu l'échec scolaire, "il faut exclure les approches académiques", explique M. Fernandez.
Dans le bâtiment, les salariés apprennent ainsi à "mieux remplir un bon de livraison", "calculer les quantités de matériaux" ou "à comprendre les problématiques de sécurité", explique une responsable du Groupement pour la Formation continue dans les industries du Bâtiment et des Travaux publics (GFC-BTP).
Mais l'illettrisme va désormais au-delà du simple lire-écrire-compter. "Cela ne concerne pas uniquement les très bas niveaux de qualification et des postes plus élevés (d'encadrement intermédiaire, par exemple) sont victimes d'une non-maîtrise de certaines compétences clés liées au poste", comme connaître quelques mots d'anglais ou les nouvelles technologies, explique Mme Da Silva.
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Luc Ferry : « Pour lutter contre l’illettrisme, il faut dédoubler les classe de CP et créer des écoles de parents »
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Lors de la conférence organisée par l’agence 2E2F sur le rôle de la mobilité internationale contre la pauvreté et l’exclusion (thème de l’année européenne 2010), l’ancien ministre de l’Education nationale, Luc Ferry, a choisi d’évoquer l’illettrisme, la France comptant 3,1 millions de personnes en situation d’illettrisme, soit 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée. En outre, 12 % de la population âgée de 18 à 65 ans est en difficulté avec l’écrit, soit 4,5 millions de personnes.
Pour le philosophe, « la mobilité n’est pas la priorité des priorités pour les publics en situation de pauvreté et d’exclusion, mais c’est l’illettrisme ». Il estime ainsi que la mobilité intellectuelle est intéressante car elle permet de « voir ce qui se fait dans d’autres pays, comme le dédoublement des classes de CP en Finlande ou l’école des parents en Grande-Bretagne ».
Comme beaucoup des acteurs présents lors du colloque, Luc Ferry estime que l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir » correspond parfaitement à l’illettrisme, car il est ensuite très dur de réparer la situation. En effet, 80 % des enfants qui n’apprennent pas à lire en CP n’apprennent jamais à lire. Les indicateurs, en progression constante pendant des décennies, ont commencé à s’inverser en 1994. Le ministre a évoqué « les fausses causes » qu’on attribue à ces chiffres, à savoir « la télévision et la méthode globale, qui n’existe plus en tant que telle puisque aujourd’hui l’école fonctionne avec des méthodes mixtes ».
Pour Luc Ferry, les vraies causes de l’illettrisme sont la mise en avant de la méthode de l’auto-construction, qui occulte la transmission patrimoniale de l’enseignant envers l’élève. Il souligne ainsi la multiplication des exercices à trous et le manque de « par cœur » dans les écoles. Deuxième cause pour l’ancien ministre : « l’idée erronée qu’il faut motiver les enfants pour les faire travailler. Alors que c’est l’inverse. Il faut beaucoup travailler, c’est très dur, très ennuyeux mais c’est ensuite qu’on découvre et qu’on aime la matière ». Pour Luc Ferry, le seul moyen de faire travailler les enfants c’est de « passer par l’autorité ».
Afin de remédier à cette situation, le philosophe propose de « dédoubler les classes de CP car cela permet de remédier au problème au moment du diagnostic ». En 1995, en tant que ministre de l’éducation, il avait d’ailleurs tenté une expérimentation sur 3 000 écoles dans lesquelles 50 % des CM2 sortaient avec des difficultés. Deuxième proposition : mettre en place des écoles des parents pour qu’ils puissent aider leurs enfants. Toutefois, pour ces parents, l’école est souvent synonyme d’échec, de terreur, alors « il faut vraiment aller les chercher. Ainsi, même s’ils n’ont que 15 jours d’avance sur leur enfant, ils ont confiance et peuvent l’aider ».
Si Luc Ferry a consacré son intervention à l’illettrisme, il a reconnu, lors de la conférence de presse qui a suivi, que « la mobilité transforme une personne à vie, c’est une expérience bouleversante au bon sens du terme ». Et il estime qu’un séjour à l’étranger devrait être obligatoire pour les élèves des lycées professionnels.
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L’illettrisme en entreprise : RFI
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Lire, écrire, compter : En France, plus de 3 millions de personnes de 18 à 65 ans ne maîtrisent pas ces compétences de base.
Pourtant, plus de la moitié d’entre elles ont un emploi. Or, dans l’entreprise, les nouvelles formes de travail rendent ces savoirs de base quasi incontournables.
De plus en plus de formations se mettent en place pour former ces salariés souvent peu enclins à révéler leur handicap.
Invités :
- Hervé Fernandez, secrétaire général de l’Agence Nationale de lutte contre l’illettrisme
- Gérald Lefevre, directeur de la formation filiale Travaux Publics, Veolia. Témoignage d’un ouvrier qui est sorti de l’illettrisme grâce à une formation.
Ecouter en intégralité l'emission du samedi 24 juillet dans le cadre de L'Ecole des savoirs annimée par Emmanuelle BASTIDE
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L’illettrisme en entreprise (26:31)
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Source : Radio France International |
L'absence de formation sanctionnée par la justice
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L'Union européenne a proclamé dans sa stratégie de Lisbonne la nécessité de "l'investissement dans le capital humain afin de mettre en place une véritable société de la connaissance", notamment par "la formation tout au long de la vie".
Le "jaune budgétaire" (document ministériel de préparation du budget annuel) accordé à la formation professionnelle, annexé au projet de loi de finances pour 2010, nous apprend qu'en 2007 les entreprises y ont consacré 12 milliards d'euros, dont 83 % pour leurs salariés. Pour la même année, 14 164 organismes privés de formation ont réalisé un chiffre d'affaires de 6,4 milliards d'euros, en progression de 7 %.
Pour l'individu, la formation continue peut être un instrument de promotion sociale, de mobilité ascensionnelle et, en période de chômage de masse, un moyen d'assurer son employabilité.
Le code du travail, inspiré par divers accords collectifs nationaux, reconnaît des droits à formation à l'initiative du salarié : le congé individuel de formation (CIF), qui doit permettre de suivre une formation à finalité de développement personnel ou de reconversion professionnelle, et le droit individuel à la formation (DIF), un droit capitalisable qui s'exerce avec l'accord de l'employeur pour des formations courtes.
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Lutte contre l’illettrisme : deux entreprises de propreté forment leurs salariés
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Depuis juillet dernier, à raison de deux matinées par semaine, dix salariés des entreprises DBD et Solutis troquent leur matériel de nettoyage contre cahiers et stylos pour suivre un cycle d’alphabétisation à Lesquin (Nord), initié par le FAF Propreté (l’Opca de la branche) et leurs employeurs.
Sujet encore tabou, l’analphabétisme dans le monde professionnel concernerait encore 9 % des salariés en France.
Mises en place dès 1999, les formations financées par le FAF Propreté et l’employeur, aident les salariés qui ont des difficultés de maîtrise de la langue française, qu’il s’agisse de lecture ou d’expression.
Intitulées « écrits professionnels », ces formations s’appuient sur des situations vécues sur le lieu de travail comme, par exemple, lire les étiquettes des produits, se repérer avec les panneaux ou à l’aide d’un plan, remplir une fiche de liaison, etc.
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Arrêt de la Cour de cassation : obligation de l'employeur d’adapter les salariés à leur poste de travail et notamment dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme.
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Un nouvel arrêt de la Cour de cassation revient sur une des principales obligations de l’employeur en matière de formation de ses salariés : l’obligation d’adapter les salariés à leur poste de travail et notamment dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme
Longtemps considéré comme le parent pauvre du droit du travail, le droit de la formation professionnelle n’a cessé de s’étoffer ces dernières années. Les obligations mises à la charge de l’employeur en matière de formation professionnelle de ses salariés sont aujourd’hui consacrées par le code du travail et ont été renforcées par la jurisprudence.
Preuve en est ces ce nouvel arrêt de la Cour de cassation du 2 mars 2010 qui revient sur une des principales obligations de l’employeur en matière de formation de ses salariés : l’obligation d’adapter les salariés à leur poste de travail notamment dans le cadre de la lute contre l’illettrisme.
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5-6-7 mai - Lyon - La lutte contre l’illettrisme en action
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Avec son forum permanent des pratiques soutenu par le Fonds social européen (FSE), l’ANLCI (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) met en mouvement la plus importante démarche collective d’identification et de diffusion des bonnes pratiques en matière de prévention et de lutte contre l’illettrisme sur le territoire, en métropole et en outre-mer.
Au cœur de cette rencontre nationale, 17 modules de formation déclinés en trois points :
- Prévention
- Insertion
- Evolution professionnelle
Pré-programme et modules de formation téléchargeables
Lieu de la rencontre : Rencontre nationale du Forum permanent des pratiques ENS Sciences Place de l’Ecole 69007 Lyon
Contact : ANLCI - Tél. : 04 37 37 16 80 - Fax : 04 37 37 16 81 |
Vers une stratégie européenne de lutte contre l’illettrisme
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Dans le monde, 960 millions de personnes sont illettrées. En Europe, 2 jeunes sur 6 ont du mal à lire et 20 % des lecteurs de 17 ans sont repérés comme inefficaces. Les plus de 45 ans sont également affectés par l’illettrisme. En France, c’est 10 % de la population française qui est concernée par ce fléau, soit environ 3 millions d’adultes de 18 à 65 ans. 15 % des demandeurs d’emplois seraient concernés, soit 300 000 personnes.
Comment lutter contre l’illettrisme ? Mireille Lacombe, conseillère générale du Puy-de-Dôme (PSE) et membre suppléante du Comité des Régions, l’instance qui représente les collectivités locales à Bruxelles, a remis ses propositions dans un projet d’avis intitulé : « Faire reculer l’illettrisme : penser une stratégie européenne ambitieuse pour prévenir l’exclusion et promouvoir l’épanouissement personnel" (voir texte joint). Avis adopté à l’unanimité par les 344 membres du Comité des Régions le 11 février dernier.
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Manpower Restauration : "Apprendre le français et les maths grâce à des recettes de cuisine : c’est possible !"
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Le secteur de la restauration, en France, est l’un des plus gourmands en personnels intérimaires. Mais il s’agit également d’une branche où les employeurs sont confrontés à un niveau d’illettrisme élevé.
Pour remédier à cette situation, le géant de l’intérim a mis en œuvre un projet pilote de formation, dès 2004, visant à mettre à niveau les personnels.
Un projet, mené conjointement avec l’école Ferrandi (CCI de Paris) associant cours théoriques de français et de mathématiques et techniques de cuisine.
Face à des populations composées en grande partie d’immigrés primo-arrivants occupant des postes de plongeur, manutentionnaire ou aide de cuisine, Manpower Restauration n’a pas souhaité, dans le cadre de son plan de formation, opter pour des dispositifs classiques et scolaires, mais intégrer un côté à la fois technique et ludique à sa méthode en la basant sur le décryptage et l’assimilation de recettes culinaires.
Doté de quatre objectifs (revaloriser l’image des salariés, autoriser une montée en compétences, permettre le détachement de ces personnels en matière d’hygiène et de sécurité et répondre à la pénurie de personnel de premier niveau), ce plan de formation s’est déroulé sur 210 heures, avec des équipes réduites à chaque fois, comprenant, outre les recettes de cuisine, des documents à déchiffrer en matière d’hygiène et de sécurité.
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